Mobilisations 2nd degré Voie professionnelle

 La colère des profs ne faiblit pas au lycée Roz Glas de Quimperlé

 

Des professeurs du lycée professionnel Roz Glas de Quimperlé sont en grève depuis le 11 mars, pour protester contre la diminution des heures d’enseignement prévue à la rentrée prochaine. Le mouvement est appelé à durer.
La lutte continue pour les enseignants du lycée professionnel Roz Glas à Quimperlé. Déjà mobilisés le 1er février dernier, ils ont rempilé depuis lundi 11 mars avec un mouvement de grève. Sur les 40 enseignants que compte l’établissement, « on était une dizaine de grévistes hier, une quinzaine aujourd’hui », compte Stéphane Frapin, enseignant au lycée quimperlois, qui prédit que le mouvement, soutenu par les syndicats CGT, FSU et la CNT, pourrait durer. Autour de lui, une quinzaine de professeurs et quelques élèves sont rassemblés devant les grilles de l’établissement en ce mardi 12 mars et discutent et sur des airs de Queen, Nirvana ou Oasis, cocktail vintage concocté par Alexandra, une élève de seconde.

37 heures de cours supprimées

Les grévistes protestent contre la suppression, l’année prochaine, de près de 37 heures de cours, principalement d’enseignement général (maths, français…). Cela fait craindre aux enseignants « une détérioration des conditions de travail des élèves et des personnels », peut-on lire sur un tract distribué devant le lycée. D’autant que l’établissement compte 342 élèves cette année, huit élèves de plus que l’an dernier. Cette baisse de la dotation d’heures intervient alors que les enseignants sont déjà vent debout contre la réforme des lycées professionnels mise en place par l’État depuis la rentrée 2023, qui implique déjà une baisse des heures de cours. Les grévistes de Roz Glas espèrent obtenir un rendez-vous avec la directrice académique du Finistère, Guylène Esnault. Contactée, la Direction académique des services de l’Éducation nationale (Dasen) n’a pas répondu à nos sollicitations.

Regroupement de classes
Cette dotation horaire moindre va se traduire par le regroupement des deux classes de terminale en maintenance industrielle et maintenance moto pour les enseignements généraux, soit des effectifs de plus de 30 élèves : « On passe en classe entière pour les matières générales auprès d’élèves qui ont des difficultés de lecture et de compréhension. Cherchez l’erreur », s’insurge Christophe Hernigou. Une des enseignantes du lycée devra par ailleurs partager son temps entre deux établissements, ne pouvant plus assurer un temps plein à Roz Glas. Une motion dénonçant ces changements a été votée au conseil d’administration du lycée, le 5 février dernier.

Actuellement, on a la chance d’être en demi-groupe. À trente, le prof n’aura pas le temps de venir voir tout le monde.

Élèves inquiets

Les lycéens, qui s’étaient mobilisés contre ces changements le 15 février dernier, sont eux aussi préoccupés. Kateleen craint de « ne pas pouvoir suivre correctement » quand sa classe actuelle en maintenance des motos sera fusionnée avec celle de maintenance industrielle pour les enseignements généraux, l’année prochaine en Terminale. « Actuellement, on a la chance d’être en demi-groupe. À 30, le prof n’aura pas le temps de venir voir tout le monde », s’inquiète Jules, qui, dans ce contexte, voit approcher le Bac moins sereinement, jugeant les conditions « plus contraignantes ».

Article à consulter sur Le Télégramme,