Mobilisations Voie professionnelle

 12 décembre : mobilisation pour notre métier, notre statut, nos élèves !

 

Accélération de la réforme

Carole Granjean veut accélérer la mise en place de la mesure 2 (enseignement en effectifs réduits) et de la mesure 4 (réorganisation de l’année de terminale) de la réforme. Les textes définitifs seront présentés au CSE du 14 décembre. C’est pourquoi, dans l’attente des arbitrages, nous ne pouvons vous présenter que les différents scénarios à l’étude. Néanmoins sont d’ores et déjà actés : la mise en place de groupes de niveaux en 2° et 1°, la création de parcours diversifiés en Terminale et ses conséquences : la suppression de 4 semaines de cours (passage de 26s à 22s = 120h élèves en moins), le non-aménagement des programmes, l’allongement des PFMP de 6 semaines et par conséquent le goulot d’étranglement constitué par les départs simultanés en PFMP.

Renforcement des savoirs fondamentaux : français et maths

La suppression de 2 h d’accompagnement personnalisé ou de 2 h de co-intervention en 2nde et 1ère permettra la généralisation de la mesure 2 de la réforme initialement liée au pacte : l’enseignement en groupes réduits des savoirs fondamentaux. Il ne s’agit pas de dédoublements mais de la mise en place de groupes de niveaux dont on connait l’inefficacité à traiter les difficultés scolaires ; En terminale, dans un volume horaire annuel inchangé, il est prévu de renforcer pour environ 10h le Français et les Maths, et pour 5h l’EMC.
Forcément au détriment des autres disciplines.

Une année de terminale amputée

Deux scénarios sont envisagés pour un calendrier démentiel :

  • soit les cours s’arrêtent en mars et tous les élèves partent 6 semaines en PFMP en même temps. Les épreuves ponctuelles se dérouleraient avant ce départ.
  • soit les cours s’arrêtent en mai et les 6 semaines de PFMP sont laissées à la liberté des équipes pédagogiques. Les épreuves ponctuelles se dérouleraient en mai.
    Dans les deux cas, l’oral de chef-d’œuvre aurait lieu en juillet.

6 semaines de parcours diversifiés = 4 semaines de cours en moins !

l’insertion professionnelle se fait au prix d’une perte de 120h élève.
Cette mesure va amputer de 4 semaines de cours l’année de terminale, alors qu’aucun aménagement de programme n’est prévu. Elle ne tient pas compte du rythme d’apprentissage de nos élèves. Cette mesure est totalement hors-sol car elle méconnait le fonctionnement et l’organisation de nos LP. En effet, au mois de juin partent aussi en PFMP les élèves de seconde et de première : cette concentration de tous les départs sur la même période va constituer un goulot d’étranglement. Et que dire si tous les terminales partent en même temps en mars/avril !
Avec la modification de l’organisation de l’année, pour les personnels, l’annualisation va s’imposer ! Ce n’est pas de plus d’entreprise dont nos élèves ont besoin mais de plus et de mieux d’École. Avec les familles de métiers, le bac pro a été déspécialisé et réduit à deux ans et demi ; avec ce projet de réforme, force est de constater qu’il va passer à deux ans !

Carte des formations : un adéquationnisme forcené

Suppression de 15% des formations non-insérantes à la rentrée 2024
À la rentrée 2023, environ 900 lycéen∙nes professionnel∙les se retrouvaient sans affectation. Ils·elles ont été rajouté·es au dernier moment dans des classes déjà surchargées et prioritairement dans les filières prétendument non-insérantes ! Pourtant, pour la rentrée 2024, les régions se voient intimer l’ordre, par l’intermédiaire des préfets, de répondre à la commande présidentielle de fermeture de 15% des formations non-insérantes. Les spécialités tertiaires déjà dans le viseur avec la TVP sont de nouveau dans le collimateur. Les suppressions de postes et les reconversions forcées vont exploser.

Ouvrir 20 000 places en certificats de spécialisation
Le Bac +1 « un sas vers l’entreprise » : selon la ministre, cette année de formation supplémentaire pour des élèves des LP plus jeunes permet une « spécialisation » et un sas vers l’insertion. Un certificat de spécialisation c’est 400h de formation en établissement et de 12 à 18 semaines de PMFP (de 420 à 630h) : plus de 50% du temps de formation en entreprise ! La ministre insiste sur la possibilité de « coloration » de ces Bac + 1 pour s’adapter aux besoins des entreprises. C’est une logique d’adéquationnisme radical : répondre aux besoins locaux en main-d’œuvre des entreprises par des formations non-qualifiantes. C’est une jeunesse assignée à résidence !

LES CONSÉQUENCES DE LA RÉFORME MACRON

  • des lp au service du monde économique et des entreprises locales
  • des formations fermées, un plan de reconversions forcées, des pertes de postes
  • une attaque sur le statut notamment avec le pacte
  • une réduction du temps de formation générale et professionnelle
  • une attaque contre le projet émancipateur du lp
  • un rapprochement du statut de lk’élève avec celui de "salarié·e" low cost
  • un développement du mixage des publics

TOU·TES EN GRÈVE LE 12 DÉCEMBRE POUR

  • L’abrogation de la TVP et de la réforme macron
  • La création de formations diplômantes et qualifiantes
  • Un projet émancipateur pour les élèves