AESH référent·es PAS
Les AESH du Finistère ont reçu un appel à candidature pour devenir référent·es PAS (Pôle d’Appui à la Scolarité).
Nous n’étions déjà pas favorables au poste d’AESH référent·es de PIAL. Les missions n’étaient clairement pas rémunérées décemment : 50€ bruts par mois initialement, puis à 55€ bruts/mois, à peine plus ! Ridicule au vu des missions d’accompagnement des pairs et de participation aux actions de formation attendues.
Avec les missions d’AESH référent·es de PAS, nous passons un nouveau pallier.
Nous vous proposons une analyse de la fiche de poste.
Sur le papier, les PAS semblent être une bonne idée car ils permettraient d’apporter une réponse rapide aux parents et élèves, notamment face à une MDPH surchargée. Cependant, pour les AESH, les PAS ne s’annoncent pas comme une bonne chose. Bien que la DSDEN 29 nous a assuré à plusieurs reprises que les AESH ne feront pas partie de la solution de "premier niveau" et qu’iels ne feront que mettre en œuvre les notifications de la MDPH, la fiche de poste indique clairement "mise en œuvre des notifications" ET "répartition des moyens identifiés". Le PAS compte donc affecter des AESH auprès d’élèves non notifié·es. À la CGT Éduc’action, notre grosse crainte est que les AESH soient principalement placé·es auprès d’élèves perturbateurs (qui "dérangeraient" la classe) plutôt qu’auprès d’élèves en situation de handicap. C’est donc le métier même d’accompagnant·es d’élèves en situation de handicap qui est en jeu.
Concernant les AESH référent·es PAS plus spécifiquement, le poste sera différent du poste des AESH référent·es PIAL. L’accompagnement des pairs, principale mission des AESH référent·es PIAL, ne sera qu’une partie des missions. Dans la fiche de poste, l’AESH référent·e est défini·e par deux fois comme "gestionnaire de l’aide humaine", qui assiste dans la mise en place des accompagnements. Il s’agira donc d’un poste essentiellement administratif de gestion de la pénurie. Dans les compétences requises, on retrouve d’ailleurs "mettre en application les décisions" et "capacité à prendre de la distance face aux problématiques de l’accompagnement humain". Pour la CGT Éduc’action 29, cela confirme que, pour les AESH référent·es, les collègues AESH ne seront plus vraiment des pairs mais des pions à déplacer au gré des besoins définis par la MDPH et le PAS, le tout en obéissant aux ordres et sans se plaindre donc.
Actuellement, le travail des AESH est réparti sur 36 semaines de classe mais rémunéré sur 41 semaines pour prendre en compte le travail nécessaire de préparation, concertation, réunions...
Pour les AESH référent·es PAS, le temps de travail sera de 36h par semaine pendant 40 semaines. Nous n’avons pas plus d’info sur la répartition exacte des semaines, mais si cela se passe comme ce qui a été annoncé aux AESH référent·es du 35, les 40 semaines seront travaillées sur place (fin de la rémunération des temps connexes). 4 semaines seront donc réparties sur les vacances scolaires (probablement en grande partie sur juillet et août).
Sur la fiche de candidature, on découvre les PAS finistériens. tout d’abord, on n’observe que 22 PAS alors qu’un nombre de 25 à 28 avait été annoncé aux organisations syndicales. Cela fait craindre un zonage important dans certains endroits. Pour référence, il y a encore un an, il y avait 35 PIAL.
Il y a 4 PAS déjà en activité (sans AESH référent·es spécifique PAS pour l’instant) : Brest Aber, Landivisiau, Quimper Est et Quimper Ouest.
Les zonages des PAS correspondent aux circonscriptions du Premier degré sauf pour 7 circonscriptions qui sont séparées chacune en 2 zones (dont nous n’avons pas les détails).
Il y aura 12 nouveaux PAS à la rentrée 2026 : Brest Iroise, Brest Ville (2 PAS), Brest Nord (2 PAS), Landerneau, Morlaix centre Finistère (2 PAS, un qui ouvre en 2026, un en 2027), Morlaix (2 PAS), Châteaulin, Quimper Cornouaille, Quimper Sud (2 PAS, un qui ouvre en 2026, un en 2027).
Les 6 derniers PAS arriveront en 2027 (ils restent sous forme de PIAL en attendant la rentrée 2027) : Brest Est (2 PAS), Morlaix centre Finistère, Quimper Nord (2 PAS), Quimper Sud.
Nous sommes interloqué·es par le maintien des ouvertures de PAS à la rentrée 2026. En effet, la généralisation des PAS a été rejetée par les député·es à l’AN. Le Finistère s’entête donc, et c’est loin d’être le seul département dans ce cas ! Les député·es l’ont compris, les PAS ne sont pas une bonne idée, en tous les cas dans leur formule actuelle. C’est de moyens dont à besoin l’École, pas d’un énième dispositifs qui va en demander toujours plus aux personnels sans moyens financiers derrière, sans diminution des effectifs dans les classes. Lire le point de vue de la CGT Éduc’action sur les PAS.
