Communiqués 2nd degré 1er degré Elu·es CGT

 Déclaration CGT au Comité Technique Académique de Rennes

 

14 novembre 2018

Madame le Recteur, Mesdames, Messieurs,

Une fois n’est pas coutume, et compte-tenu de l’importance de l’ordre du jour de ce CTA, nous nous permettons de vous livrer une déclaration liminaire en forme de questions, en espérant, Mme Le Recteur, que nous obtiendrons des réponses précises avant la clôture de cette réunion. En effet, la CGT ÉDUC’ACTION BRETAGNE a, comme les autres organisations syndicales présentes aujourd’hui, reçu votre courrier nous indiquant votre refus de convoquer un CTA extraordinaire pour exposer de façon claire, et documents à l’appui, les transformations que vous envisagez pour le fonctionnement de notre académie. Vous êtes dans votre droit, mais faute de documents, il nous est très difficile de fournir des informations précises aux personnels qui nous interpellent, notamment sur les réseaux d’établissements. Il nous semble que ce refus est une volonté de ne pas communiquer avec les personnels de l’Académie. Si ce projet de mise en réseau a pour but de, je vous cite, « faciliter la mise en œuvre des politiques publiques au sein des écoles et des établissements », pourquoi ne pas l’afficher au grand jour ? Cela permettrait de calmer les esprits et de lever les doutes de nos collègues d’être tenu-e-s à l’écart d’un sujet dont ils/elles sont pourtant acteurs/actrices.
D’autres interrogations n’ont à ce jour trouvé aucune réponse. En effet, concernant les AESH, nous sommes toujours en attente de décisions sur les frais de déplacement et repas qui désespèrent certain-e-s collègues malgré la circulaire N° 2015-228 du 13/01/2016 parue au BO N°2 du 14 janvier 2016. Quid de la dotation de 5 Millions d’€ qui était prévue pour les frais de déplacement des personnels de vie scolaire ainsi que des AESH en 2017 ? Comment expliquer également que, malgré des effets d’annonces sur la revalorisation des bas salaires, certains AESH ont vu le leur baisser depuis le mois de septembre ? La réponse apportée par vos services fait état d’un rattrapage de CSG, mais nous aimerions en avoir confirmation. Comment expliquer que certains n’ont toujours pas reçu d’avenant à leur contrat, ni signé de PV d’installation alors qu’on les somme de renvoyer ce dernier correctement rempli, avec une date limite au 5/11/2018 en leur rappelant que ce document est contractuel ? Puisque que vous aimez à citer les articles juridiques permettant de cadrer une décision dans la légalité, ne serait-il pas cohérent de placer tout salarié-e dans ce même cadre légal ? Enfin en termes de pédagogie, qui ne pourrait qu’améliorer et (re)nouer une communication effective avec vos administré-e-s, il serait bon d’expliquer aux mêmes collègues AESH pourquoi ils/elles se sont vu, sans crier gare, ne plus recevoir leur bulletin de salaire sous forme dématérialisée afin de le transmettre le plus rapidement possible aux organismes concernés pour leur prise en charge du complément de leur rémunération mensuelle, les mettant dans une position de précarité extrême depuis la rentrée.

L’ordre du jour fait également état de la situation et de l’évolution des apprenti-e-s dans l’Académie. La CGT Éduc’action s’interroge à propos des missions qui seront confiées à ces personnels, et notamment aux futurs enseignants. Il apparait en effet que le nombre d’AESH est insuffisant pour encadrer et accompagner ces élèves dans une école qui se veut inclusive, et les craintes portent sur le remplacement éventuel des AESH par ces personnels apprentis. Nous réclamons, outre un salaire décent, une formation pour les personnels accompagnants et une clarification de leurs missions, notamment lors des périodes de formation en entreprise. Comment, par exemple, envisager l’accompagnement de l’élève sur son lieu de stage et pendant sa formation professionnelle ?
Enfin, à la lecture des documents de travail fournis par les services du rectorat que nous remercions au passage, nous nous sommes réjouis de voir qu’il y a peu de fermetures de sections dans notre académie. Cependant, nous ne pouvons que constater le manque de diversité notamment dans les sections CAP. Ne serait-ce pas une manière de saborder la formation initiale et le service public de la formation continue, si l’on se réfère aux situations dramatiques de certains Conseillers en Formation Continue dans les Greta ou des collègues dans les Agences pour la Formation Professionnelle des Adultes (AFPA), face à des plans de licenciements sans précédent. C’est sans doute une tentative pour faire avaler la pilule de l’apprentissage dans les EPLE, alors que vous savez qu’elle ne passe pas, y compris auprès des différents acteurs des branches professionnelles qui ont retoqué à l’unanimité votre proposition d’ouverture à l’excès d’UFA dans les EPLE et ce sans concertation ou dialogue préalable lors de la dernière réunion du CREFOP en octobre dernier. Alors de la pédagogie, qui est notre cœur de métier, il vous faudra en faire montre davantage, Madame le Recteur, si l’on veut retrouver dans notre académie une confiance telle qu’elle nous est promise par le Ministre, afin d’éviter dorénavant trop de claquements de portes et de chaises vides dans notre École déboussolée !
Merci de votre attention.