Carte scolaire de rentrée 2026 dans le premier degré

Mardi 24 mars 2026 avait lieu le groupe de travail réunissant les représentant·es des services de l’Education Nationale et les représentant·es des syndicats élus afin de discuter des ouvertures et fermetures de classes envisagées pour la rentrée 2026.
« Discuter » est un bien grand mot pour parler de ce qui a lieu au sein des instances auxquelles les syndicats sont conviés.
La liste des potentielles fermetures de classe, produite par la DSDEN, n’a jamais été aussi longue (102 !). Et nous (les syndicats) ne l’avons reçue que la veille du groupe de travail, nous laissant très peu de temps pour réunir des informations sur les contextes dans les écoles concernées.
Nos enquêtes auprès des directeurs·rices nous ont permis de mettre en lumière l’inexactitude de près de 90% des chiffres des effectifs donnés dans les tableaux, qui étaient plus bas que la réalité. Iels ont assuré avoir demandé aux inspecteurs·rices les chiffres récents des effectifs.
Certain·es directeurs·rices n’étaient pas au courant que leur école était sur la liste. À d’autres, les inspecteurs·rices de circonscription avaient dit qu’iels étaient, certes sur la liste, mais qu’iels n’auraient pas de fermeture de classe…
Nous avons insisté sur l’absurdité de la non-comptabilisation des TPS dans les prévisions d’effectifs. Dans certaines écoles menacées, il y avait parfois une vingtaine de TPS inscrit·es pour une école de 8 classes ou encore 7 TPS inscrit·es dans une école de 3 classes ! Et iels n’apparaissent pas dans les tableaux !
Nous avons aussi appuyé la fragilité des écoles rurales isolées dont la fermeture d’une classe :
- déstabiliserait l’équipe, voire la détruirait : l’école de St Rivoal passe à une classe unique. Dans certains cas, des postes d’ATSEM sont supprimés.
- dégraderait les conditions de travail : plus de niveaux et plus d’élèves par classe. Postes difficiles que les enseignant·es fuient et où le turn-over devient important.
- aggraverait l’attraction du privé ayant plus de moyens humains dans le premier degré.
Bref, le message était clair : zéro fermetures !
Certes il y a une baisse démographique (iels nous l’ont bien martelé), mais nous ne la ressentons pas dans nos classes. Les conditions d’exercices ne sont pas plus faciles, l’exigence de l’école inclusive repose principalement sur nos épaules, le climat scolaire et la santé mentale des enfants se dégradent, l’accueil des TPS s’impose aux directeurs·rices dès le plus jeune âge par pression de la concurrence du privé…
Nous devrions nous saisir de cette baisse démographique pour améliorer les conditions d’apprentissage et d’enseignement dans l’école publique !
À tous les arguments que nous avons pu avancer, à tous les renseignements que nous avons fournis (effectifs réels, contextes particuliers…) l’administration notait et nous remerciait.
Elèves, parents, personnels et élu·es sont venu·es en nombre le 26 mars devant la DSDEN (photo d’illustration) pour manifester leur désaccord à l’occasion du comité social administratif (boycotté par toutes les organisations syndicales et reporté au 2 avril). De nombreuses écoles se sont mobilisées, ont été fermées pour plusieurs jours de grève. Des cortèges ont défilé à Quimper et Brest le 31 mars. La contestation était bien là !
Sur 102 fermetures de classe envisagées, 51 fermeront.
Il y avait 24 suppressions de postes prévues dans le premier degré. L’état a abondé de deux postes spécifiques à la TPS pour les écoles REP (mesure nationale). Il y avait alors 22 suppressions de poste de prévues.
A l’issue des temps de dialogue social, il y a 22 suppressions de poste actées. De quel dialogue parlons-nous là ? De vous aider à répartir la misère ? Où est la négociation ? Ce à quoi iels répondent : « vous avez vu les chiffres, nous aurions pu fermer plus de classes ! » Et nous ne sommes malheureusement pas à l’abri d’un·e agent·e zellé·e briguant un poste supérieur…
La casse des services publics est bien en marche, quel monde sommes-nous en train de construire ? Le monde du chacun pour soi où la loi du plus fort est toujours la meilleure ?
Il est plus qu’urgent de faire entendre nos voix !
Retrouvez en annexes : le tableau complet des fermetures et ouvertures actées ainsi que la déclaration liminaire de la CGT Éduc’action 29 au Conseil Départemental de l’Éducation Nationale sur la carte scolaire du 2 avril 2026.
